Afrobasket 2023, quelle avenir pour les joueuses nées et formées en Afrique ?

L’Afrobasket Dames 2023 à Kigali s’est terminé une fois de plus par une victoire du Nigeria qui a remporté tout ses matchs avec  une équipe de joueuses en grande partie nées et formées aux États Unis. Ce fut une compétition très disputée avec quelques victoires que l’on considérerait des surprises dans le basketball féminin africain. Les victoires de la Cote d’Ivoire et de la Guinée sur l’Angola, celle l’Uganda sur le Sénégal et large victoire du Rwanda contre la Cote d’Ivoire sont parues comme les surprises.

Les traditionnelles équipes dominantes que sont le Cameroun, et l’Angola n’ont pas atteint les quarts de final ou demi-finale. En revanche les équipes du Rwanda et de l’Uganda, ont surpris en atteignant respectivement les demi-finales et quart de finales Ces deux équipes ont montré toutes leurs qualités techniques et tactiques avec tout particulièrement quelques joueuses qui ont crevé l’écran. Destiny Promise Philoxy et Janai Crooms Robertson pour le Rwanda et Jannon Jaye Otto pour l’Uganda ont porté leurs équipes durant toute la compétition. Le Sénégal arrive en finale porté par Cierra Dillard.

Philoxy, Crooms, Dillard et Otto sont nées aux Etats Unies et formées par le basketball américain où elles ont fait leurs classes. La qualité technique de ces joueuses et des nigérianes, ont mise en relief l’écart entre les joueuses formées aux Etats Unis et celles que forment le basketball africain. Que faut-il améliorer dans la formation de nos basketteuses pour pouvoir produire des joueuses techniquement aussi fluides et complètes ?

Le basketball africain en dépit du potentiel humain exceptionnel que constitue sa jeune population n’arrive pas ou n’arrive plus à former des joueuses techniques (dribble, passes, shoot à distance etc.). Avec mes yeux d’ancien joueur et coach de basketball, je voudrai partager quelques points à considérer pour contribuer à un développement de joueurs et joueuses affutés techniquement.

  • Mettre en place des structures nationales de formation d’entraineurs capables d’enseigner les gestes de techniques fondamentaux dès les petites catégories d’âge.
  • Surmultiplier le nombre de ballons adaptés aux catégories d’âge pour une pratique du basketball  afin de permette l’acquisition des fondamentaux. Dans les petites catégories, chaque jeune joueur et joueuse doit avoir un ballon conforme à son âge en main pendant les entrainements.
  • Créer des structures permettant de faire jouer un plus grand nombre de jeunes enfants partout dans les villes et villages avec de bons animateurs/entraineurs qui enseignent les fondamentaux du basketball.
  • Élargir les pools de jeunes joueuses pouvant être sélectionnées en étendant la pratique du basketball aux au-delà de la capitale et quelques centres urbains. Il faut surmultiplier le nombre de pratiquants de basketball qui au bout de la chaine enrichiront en qualité les pools de sélection.
  • Installer des terrains de basketball et les accompagnés de ballons et de formation pour des encadreurs bénévoles dans les communités pour faciliter et encourager la pratique du jeux et l‘apprentissage technique correct en toute sécurité et prêt des lieux d’habitation des enfants.

Une réflexion afin d’accroître l’accès au basketball à des millions de jeunes qui seront adéquatement encadrés par des entraineurs bien formés est indispensable. Autrement l’Afrique continuera à rêver de son potentiel en admirant les quelques succès individuels des africains en NBA, WNBA, NCAA etc.

Gerard A. Akindes