Le Journaliste Sportif Face aux Défis de l’Afrique
La relation sport et médias est un lien établi de longue date dans la plupart des pays ou le sport est devenu avec le temps une activité socio-économique brassant des milliards de dollar. Cette relation, présentement au cœur de l’économie et du financement du sport du sport, continue d’évoluer et est devenue impérative et vitale pour le sport d’élite. Les journalistes sportifs y jouent un rôle fondamental par leur couvertures et analyses des événements sportifs. Ils sont devenus un lien important de la relation critique entre le sport et les audiences.
Mais en dépit de leur rôle essentiel, les journalistes sportifs en Afrique sont fréquemment handicapés dans leur fonction de relai entre les événements sportifs et les audiences consommatrices de ces événements. Un certain nombre de défis souvent contrarient la capacité des journalistes du continent africain à pleinement assurer une couverture de qualité des compétitions sportives sur le continent. Les défis auxquels ils sont confrontés sont multidimensionnels et diversifiées. Lors du forum de Sport Africain organise part la Convention du Sport Africain (CISA) à Kigali en Mars 2015, certains de ses difficultés ont été débattus par une audience de spécialistes du sport africain parmi lesquels des journalistes. Le débat initialement centré sur l’organisation prochaine des jeux africains à Brazzaville, République du Congo a été révélateur d’un certain nombre d’insuffisances parmi lesquelles celles relatives aux medias. Les paragraphes suivant sont un constat de certaines réalités auxquelles sont confrontées les journalistes africains dans leur devoir de couverture des évènements internationaux organises par les fédérations nationales, internationales, régionales ou continentales en Afrique.
Selon les journalistes présents au CISA, les Jeux Africains de Brazzaville de 2015 incarnent l’absence de communication entre l’organisation de l’évènement et les medias sur le continent. En effet les journalistes n’ont jusqu’à récemment reçu aucune information sur l’organisation des jeux. Privés d’information, les journalistes n’ont donc pas la capacité d’offrir à l’audience de leur pays respectifs l’information sur ces jeux qui restent pour la vaste majorité des africains peu inconnus. Le déficit d’information entre les medias et l’organisation révèle des insuffisances inhérentes aux organisations d’évènements sportifs continentaux et pose un certain nombre questions. Selon un journaliste, les organisateurs de tels évènements ont souvent une connaissance limitée des réseaux medias les plus importants du continent, et ne savent pas qui joindre pour avec une communication efficace. Selon le même journaliste ce manque relève souvent du fait que les chargés de communication pour ce genre d’évènements n’ont pas l’expérience sinon la compétence nécessaire pour appréhender la nécessité d’une relation à temps avec les medias sur le continent. L’aspect compétence et efficacité de la communication pénalise donc les journalistes et leur planification pour être présent et couvrir les compétitions. La gestion des accréditations est l’une des indications et conséquences de cette absence de communication pré-évènement.
L’accréditation des journalistes même pour les évènements le plus médiatisé du sport africain tel que Coupe d’Afrique des Nations est un challenge récurrent. Les mécanismes de demande d’accréditations ne sont souvent clairement établis ou ne fonctionnent pas correctement. Comme décrit un journaliste:
«C’est impossible d’avoir les accréditations à temps. Beaucoup de journalistes débarquent sur l’évènement sans accréditions ou parce qu’ils n’ont pu avoir aucune information à l’avance, ou les systèmes de demande électroniques marchent une fois sur deux. Alors ils y vont dans l’espoir de pouvoir obtenir leur accréditation une fois sur place. Une fois sur place, avec ou sans accréditation ce sont des queues interminables, des erreurs dans les noms, et les titres les organes de presse. Par conséquent on a souvent donc du mal a identifié les journalistes par leur accréditation»
La description ci-dessus révèle la difficulté des organisateurs a se procuré une évaluation réaliste des besoins des medias afin d’une mise en place d’une communication efficace avant l’évènement. L’absence d’anticipation se répercutera au-delà de l’accréditation des journalistes. En effet une fois sur place les espaces medias prépares pour les journalistes s’avèrent souvent insuffisant.
«Souvent les espaces media sont exiguës et inconfortables….pas d’eau ou autre boisson ne sont mis à notre disposition».
La quasi absence de communication entre les organisateurs de compétitions avec les medias africains, va pénaliser les journalistes sportifs africains qui vont être confrontés à des conditions de travail difficiles avant et durant les évènements qu’ils couvrent. La qualité et le professionnalisme de la communication dans les organisations d’évènement sportifs sur le continent pour une couverture médiatique de qualité est un aspect primordial de succès. D’autres facteurs plus structurels et macro sont également à prendre en considération.
Au confort des espaces mentionnés précédemment s’ajoute très souvent l’accès aux connections Internet, la bande passante et la fiabilité des connections. Même si la qualité et la iabilité des connections Internet et téléphoniques ne dépendent pas directement des organisateurs d’une compétition sportive ils sont par contre révélateurs de défis structurels auxquels s’ajoutent ceux du transport aérien intracontinental, des infrastructures hôtelières et des transports urbains et interurbains.
«Il est difficile de se déplacer sur le continent. De l’Afrique de l’ouest pour l’Afrique centrale il faut faire 10 heures de voyages par la côtière ou aller jusqu’en Afrique de l’est pour revenir sur l’Afrique centrale. C’est une aberration qui influe sur le cout des billets qui deviennent du coup inaccessible pour la plus part des medias locaux en Afrique»
Le commentaire ci-dessus indique que le transport aérien est aussi un des écueils pour les journalistes africains. La durée et les couts des voyages entre pays africains demeurent à ce jour un défi majeur pour quiconque voulant voyager entre les capitales africaines. Le transport aérien et les limitations qu’il impose au déplacement des journalistes sur le continent est aussi indicateur des difficultés infrastructurelles auxquelles le continent africain est confronté. Une fois la complexité du voyage aérien surmonté, les journalistes vont être confrontés aux spéculations hôtelières, aux transports urbains et interurbains des villes du pays hôte de l’évènement sportif à couvrir. La spéculation hôtelière et les difficultés de transport urbain et interurbain est un indicateur des limitations de l’organisation locale des évènements dont la responsabilité serait de négocier a prix raisonnable des chambre d’hôtel pour les besoins des medias. Force est de constater que ce type d’arrangement nécessite une fois de plus d’anticiper le nombre de journalistes et personnel des médias attendus et une structure hôtelière local disposée au partenariat. En effet dans le meilleur des mondes de l’évènementiel sportif l’hôtellerie devrait devrai être associée à l’organisation en tant que partenaire car au-delà d’une simple compétition sportive, le d’un évènement sportif international a des enjeux d’image autant pour le pays hôte que le continent africain. Mais dans le contexte d’une infrastructure hôtelière embryonnaire, peu organisée et sans vision collective la perspective d’une hôtellerie partenaire peut paraître illusoire.
Les défis de la couverture des évènements sportifs pour le journaliste africain décrit ci-dessus sont une réalité indéniable qui induit d’énormes frustrations et un sentiment d’abandon tel exprimé par un journaliste.
«Les journalistes africains sont traités comme les parents pauvres de l’organisation des évènement sportifs. A tous les niveaux que soit en amont ou en aval ….. les dirigeants africains ne sont toujours conscient des enjeux et que le partenariat avec les media est crucial. Une fois cette vision acquise et acceptée on aura franchi un pas important dans la solution des aux problèmes auxquels les medias sont confrontés…. Sinon pour le moment la relation media et sport est aussi un manque de volonté ou tout simplement et un mépris pour medias surtout lorsque ce sont qui font un travail de critique objective».
Les frustrations sont réelles et justifiées. Le traitement des journalistes est bien souvent symptomatique d’une absence de professionnalisme et du sérieux nécessaire pour la production d’évènements de qualité. Si les difficultés évoquées du transport aérien et de la télécommunication relèvent de politiques et d’insuffisances nationales, la qualité de l’organisation des évènements sportifs dépend avant tout de la compétence et du sérieux des organisateurs afin de d’atténué l’impact des défis échappant aux aspects techniques de l’organisation. En dépit des frustrations et critiques, les journalistes demeurent déterminés et ont fait part de leur optimisme.
«On ne désespère pas car il y a des compétences sur le contiennent qui comprennes les enjeux».
En fait des compétences dans la gestion de l’évènementiel sportif africaines existent et devraient être mis à contribution. Il est également primordial de former les jeunes générations aux complexités de la gestion des évènements sportifs. Ceci est primordial car leurs compétences seront alliées a une connaissance culturelle de l’Afrique et les limitations infrastructurelles. En conséquence ils ont la capacité d’apporter des solutions appropriées et adaptées à l’environnement local. L’envergure des défis de l’organisation des évènements sportifs internationaux en Afrique et les complexités grandissantes du reportage médiatique avec les instruments digitaux imposent à l’Afrique de décupler ses efforts pour sortir des politiques d’improvisations dans la gestion de son sport et des medias. Le séminaire des journalistes offert by le CISA lors de ses forum est une contribution substantielle qui devrait pourrait incorporer un séminaire sur la gestion de l’événement sportif éventuellement. L’élaboration d’un véritable partenariat entre les medias, les journalistes et le sport en Afrique est plus vitale pour tous les acteurs et administrateurs du sport.
Gerard A. Akindes